Essai biographique sur la peinture, l'histoire d'une génération depuis la seconde guerre mondiale.
"Ah, vivre comme Mermoz..."









Voici un aperçu de l'introduction de ce livre... Si vous êtes
intéressés, n'hésitez pas à me contacter, je pourrais vous donner accès
à une version numérique de l'ensemble de "Ah, vivre comme Mermoz".

Bonne lecture !!



         "En commençant ce livre, une idée surtout me tenait à cœur...

 Contrairement au discours le plus entendu la peinture n'est pas, loin de là, seule œuvre d'imagination. Peut-être même ne l'est-elle pas du tout, ou si peu ! Tellement émouvante, spirituelle, sensuelle, oui tellement sensuelle... Il m'apparut rapidement que cette question, si intéressante fût-elle, engageait bien plus qu'une simple réflexion sur la peinture, et que, pour comprendre la relation que nous entretenons avec celle-ci, il me fallait lever en partie le voile d'abstraction résidant en chacun d'entre nous... La défense de cette idée s'est donc déplacée pour rejoindre des contrées qui étaient pour moi, pour moi seul peut-être, tout à fait mystérieuses. Dans cette quête où je me suis laissé entraîner, vous lecteur, plus courtois et plus averti que l'on ne veut souvent le dire, voudrez bien pardonner, j'en suis certain, les courts récits liés à la personne du petit peintre, à laquelle je me suis senti particulièrement attaché, ainsi que l'apparente confusion dans lequel se développe cette histoire. Car, dans cet imbroglio subjectif, voilà seul ce qui compte... Sous ce désordre se dessine un soupçon, un indice, si mince soit-il, qui pourrait nous permettre d'éclaircir quelques-unes des énigmes posées en ce début de siècle à notre société, à cette famille d'hommes et de femmes prise de vertige, entraînée dans un tournis d'objets contradictoires, de lendemains désenchantés, une valse qui a donné du monde cette image cristallisée, insondable, kaléidoscopique, cette image où nul ne semble se retrouver... 

Les années Soixante et quelques suivantes ont été, de toutes celles qui nous séparent de la Seconde Guerre Mondiale, parmi les plus passionnantes, et sans doute les plus critiques. Pour beaucoup d'entre les garçons et les filles de cette génération le temps s'est arrêté à ce moment-là de notre histoire. Jamais n'aurions-nous été aussi proche d'accéder à un si bel âge, un âge si parfaitement résolu ! L'organisation de nos vies selon des schémas communautaires, selon des valeurs fondées sur une économie solidaire, autarcique, sur le retour à la 3 nature, l'usage de la pilule et l'abus de fumées indiennes entretenait cette formidable illusion. Illusion d'autant plus profonde qu'elle venait d'une liberté qui n'avait jamais su trouver véritablement le temps ou les moyens de s'épanouir... Illusion d’autant plus cruelle qu’elle était l’expression de toutes ces humiliations, de ces défaites personnelles portées au fil des siècles par des générations entières d'hommes, de femmes, de ces enfants expédiés à la guerre, au supplice, de ces enfants oubliés, de toute cette désespérance qui traverse notre histoire et nous a laissé la nostalgie d'un temps d'avant, d'une jeunesse, d'une authenticité perdue, d'un temps infini, extraordinairement païen, sensuel, d'une période dorée où tout se passait véritablement ! Ce temps de l’après-guerre marquait bien la fin d’une époque. Il mettait, sans que nous le sachions alors, un terme à cette modernité qui courait depuis plus de cinq siècles, cette époque née avec la révolution copernicienne, qui avait vu le déclin où se précipitait la civilisation moyenâgeuse et l'entrée de l'Europe dans l’ère industrielle, cinq siècles de découvertes, de bouleversements inouïs, d’avancées en tous domaines, mais cinq siècles aussi déchirés par d’incessants désordres, émaillés de terreurs, de génocides, de guerres épouvantables… Progrès et violences d'une amplitude jamais atteinte auparavant et qui trouvait son paroxysme et son coup d'arrêt brutal entre 1939 et le 6 août 1945, dans les camps de la mort nazis et la bombe qui tombait sur Hiroshima ! C'était hier, et jamais depuis, le monde ne s'est montré aussi indécis, prenant toutes les voies qui ne mènent à rien, dans une virtualité apparemment débridée mais où le sentiment même de son propre déclin ne peut arriver à s'évanouir. Il restait, pour refermer le piège définitivement, à placer un supplétif, une panacée suffisamment immatérielle pour ne pas être suspectée de répondre à la volonté de chacun d'entre nous, une licence structurée, érigée en puissance logique…

 L'ordre de l'imaginaire !"



Merci encore pour votre visite !! A bientot !!


Mr Yves Dancel.

Artiste peintre.





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